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lubies et obsessions d'un âne debout

Mes lubies et mes obsessions, au gré de mes humeurs et de l'air du temps.

Comment va le bâtiment (3)

Publié le 2 Août 2010 par âne debout in témoignage

Voici quelques années, j'étais encore en activité, j'ai éprouvé le besoin d'écrire un témoignage sur mon expérience d'entrepreneur du bâtiment. J'avais prévu une dizaine de chapitres. J'en ai écrits un peu moins et ça m'étonnerait, maintenant que je suis passé à autre chose, ça m'étonnerait que je me remette à l'ouvrage.

Je publierai peu à peu ici les quelques chapitres écrits.

 

Après vous avoir parlé des dossiers payants, je vous explique comment nous finançons les congés payés des employés et ouvriers.

 

 

  CONGSP-1.JPG

 Un compte à part

 

 

 

 

 

 

       Tout salarié a droit à 5 semaines de congés payés. Le droit du travail impose cela à tout employeur et c’est très bien. Les salariés du bâtiment ont également droit à ces 5 semaines à répartir sur l’année en fonction des choix de chacun et des impératifs de l’entreprise. Je passe sur les détails : congés fractionnés, fermeture annuelle de l’entreprise, etc.

       Pendant les périodes de congés, le salarié touche son salaire normal à la fin du mois. Je suppose donc que l’employeur doit provisionner les sommes qu’il devra débourser pour le paiement du salaire, puisqu’il n’aura pas la productivité en échange. A sa place, j’en mettrais un peu de côté tous les mois afin de pouvoir honorer le règlement des congés à toute période de l’année. Ca vous semble évident à vous aussi ? Nous sommes d’accord.

       Calculons ensemble : 5 semaines sur 52, soit 9,61%. Provisionnons chaque mois 9,61% du coût salarial du mois (arrondissons à 10% pour être tranquille) et normalement ça devrait faire l’affaire. Ce qui serait bien, ce serait de virer cette somme sur un compte à part et de ne pas y toucher pour d’autres dépenses afin de l’avoir disponible à tout moment. Il me semble qu’on pourrait qualifier cette démarche de « gestion de bon père de famille ».

       Les entreprises du bâtiment ont-elles failli à certains moments ? Ne leur fait-on pas confiance pour gérer leur trésorerie aussi bien que les autres employeurs ? Pense-t-on que les patrons vont partir en vacances avec l’argent des congés de leurs salariés ?

       Quoiqu’il en soit, on nous oblige à déposer régulièrement la provision nécessaire au paiement des congés. On nous impose le compte à part où nous devons déposer cet argent, un compte pour lequel nous n’avons pas la signature ni même de procuration. Cela s’appelle la « Caisse de Congés du Bâtiment ».

       C’est cet organisme qui récolte nos cotisations destinées à payer les salaires directement à nos employés lorsqu’ils prennent des congés. Il suffit de lui indiquer, quelques jours à l’avance, la date de départ et la durée des congés et c’est tout. Nous ne nous occupons plus de rien. L’organisme règlera son dû directement au salarié et calculera pour nous le nombre de jours de congés qu’il lui reste à prendre. Il s’occupe donc très bien de nos affaires.

Le problème, c’est qu’il ne nous demande pas 10%, pas 15% mais 20% du salaire brut. 20,30% exactement. On est loin des 9,61% calculés précédemment.

       Il faut bien rémunérer les employés de cet organisme, directeurs, chefs de service, employés de bureau, comptables, contrôleurs etc. qui s’occupent si bien de nos affaires : ça crée des emplois.

Il faut bien équiper ces employés, qui s’occupent si bien de nos affaires, de meubles, ordinateurs, matériels divers et fournitures de bureau : ça favorise la consommation.

Il faut bien leur fournir de quoi payer le loyer et l’entretien des locaux où ils s’occupent si bien de nos affaires : ça donne du travail au secteur du bâtiment.

       Oui, il faut bien, mais cela nous coûte le double. Et nos secrétaires et nos comptables sont certainement en mesure de s’occuper aussi bien qu’eux de nos affaires.

       Quelle est l’origine de cet organisme ? Par qui a-t-il été décidé ? Quelles sont les raisons de sa création ? Je l’ignore et je vous avoue que je n’ai jamais cherché à le savoir. Je l’ai découvert en entrant dans ce secteur d’activité et l’on m’a dit : « c’est comme ça dans le bâtiment ».

Bon, c’est comme ça dans le bâtiment. Je me soumets.

 

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