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lubies et obsessions d'un âne debout

Mes lubies et mes obsessions, au gré de mes humeurs et de l'air du temps.

Crapaud clodo

Publié le 5 Décembre 2012 par âne debout in comparage

L-ame-enfantine.jpg
 
Les crapauds
 
La nuit est limpide, 
L'étang est sans ride
Dans le ciel splendide
Luit le croissant d'or.
Orme, chêne ou tremble
Nul arbre ne tremble
Au loin le bois semble
Un géant qui dort.
Chien ni loup ne quitte
Sa niche ou son gîte
Aucun bruit n'agite
La terre au repos.
Alors dans la vase
Ouvrant en extase
Leurs yeux de topaze
Chantent les crapauds.

Ils disent nous sommes
Haïs par les hommes
Nous troublons leur somme
De nos tristes chants.
Pour nous, point de fêtes
Dieu seul sur nos têtes
Sait qu'il nous fit bêtes
Et non point méchants.
Notre peau terreuse
Se gonfle et se creuse
D'une bave affreuse, 
Nos flancs sont lavés
Et l'enfant qui passe
Loin de nous s'efface
Et pâle, nous chasse
À coups de pavés.

Des saisons entières, 
Dans les fondrières, 
Un trou sous les pierres
Est notre réduit.
Le serpent s'y roule
Près de nous en boule
Quand il pleut, en foule, 
Nous sortons la nuit.
Et dans les salades
Faisant nos gambades
Pesants camarades
Nous allons manger.
Manger sans grimace
Cloporte ou limace
Ou vers qu'on ramasse
Dans le potager.

Nous aimons la mare
Qu'un reflet chamarre
Où dort à l'amarre
Un canot pourri.
Dans l'eau qu'elle souille, 
Sa chaîne se rouille
La verte grenouille
Y cherche un abri.
Là, la source épanche
Son écume blanche
Un vieux saule penche
Au milieu des joncs.
Et les libellules
Aux ailes de tulle
Font crever des bulles
Au nez des gougeons.

Quand la lune plaque
Comme un vernis-laque
Sur la calme flaque
Des marais blafards, 
Alors, symbolique
Et mélancolique, 
Notre lent cantique
Sort des nénuphars.
Orme, chêne ou tremble
Nul arbre ne tremble, 
Au loin le bois semble
Un géant qui dort.
La nuit est limpide
L'étang est sans ride
dans le ciel splendide
Luit le croissant d'or.
 
 
Litron dans la poche, traînant la galoche
Voici que s´approche le clodo
Tous les quinze mètres, minute, il s´arrête
Pour visser sa tête à son goulot
Sur un banc bien stable de l´avenue Junot
Il se met à table, sort son livarot
Et malheur aux mouches, qui ont l´eau à la bouche
Il fait toujours mouche, il les tue d´un rot
Clodi Clodo

Ensuite il allonge sa carcasse et plonge
Plein comme l´éponge l´est de l´eau
Dans une ronflette avec sa liquette
Hors de sa braguette anti-porno
Car pour lui le sexe, c´est plus qu´un tuyau
Fait pour qu´on déverse du champagne chaud
Car pour lui, la femme, c´est plus au programme
De sa vie d´infâme chiqueur de mégots
Clodi Clodo

A part cette garce, harnachée de crasse
Dont la seule grâce, le seul joyau
C´est qu´elle semble faite pour payer les fêtes,
Sauciflard, baguette, tord-boyaux
Parfois il l´entraîne voir couler le flot
Du fleuve la Seine au pont Mirabeau
Quand la lune, jaune camembert, se donne
Ses airs de madone d´avant Apollo
Clodi Clodo

Soyons bonne poire, versons un pourboire
Dans la patte noire du clodo
Pendant que tout foire, lui sur la mer Noire
De son rouge pinard, ho hisse et ho
Il craque et titube comme un vieux rafiot
En gueulant un tube de tuberculo
Litron dans la fouille, traînant sa gadouille
Il part en quenouille dans l´avenue Junot
Clodi Clodo
Clodi Clodo
Commenter cet article

sgd 31/03/2013 00:56


merci Mister A pour les crapauds, une chanson que j'écoutais il y a fort longtemps et que je viens de me chanter de nouveau. C'est beau coâ coâ !


Biz....

âne debout 03/04/2013 14:32



Ah une visite de sgd !


Beau poême n'est-ce-pas ? Sacrément bien écrit.



pow wow 12/12/2012 14:56


Ça vaut pas des chansons paillardes, merde.

âne debout 15/12/2012 08:25

Ah c'est sûr, rien à voir avec "le plaisir des dieux".
Bon, la prochaine fois je mets une paillarde. Éloigne ton petit-fils.