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lubies et obsessions d'un âne debout

Mes lubies et mes obsessions, au gré de mes humeurs et de l'air du temps.

La mémoire et la mer

Publié le 6 Juillet 2010 par âne debout in hommage

Je ne peux m'empêcher d'obliger mes proches à écouter cette chanson. Je l'écoute très souvent, plusieurs fois de suite. Pour moi, c'est la grande chanson de Léo Ferré. Particulièrement cette version, celle de l'album studio. Les différentes versions live que j'ai entendues ne m'ont jamais fait ressentir les mêmes frissons.
A chaque écoute, des images défilent. Des images de fin de vacances, d'enfance et d'adolescence. Des images de petits groupes, de pêche, de courses sur le sable. J'y vois des coquillages, des algues. Et puis la fin, si mélancolique, si triste.
Oh, je suis loin d'avoir toutes les clés de ce poême. Qui peut prétendre les avoir toutes. Chacun peut y voir bien autre chose encore. C'est pour ça que je l'écoute très souvent.
La mémoire et la mer
 

 

En bonus, je vous mets les paroles. Comme je ne suis pas certain de la ponctuation de l'auteur, je retranscris le texte sans ponctuation. Finalement ce n'est pas plus mal comme ça.

 


La marée je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts du sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus
Et toi fille verte mon spleen

 

Les coquillages figurant

Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux des granits ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Dans cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue aux musiques mortes
C'est fini la mer c'est fini
Sur la plage le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle

Commenter cet article

Gwenn 08/07/2010 14:50


Pourtant, les vacances ne font que commencer... Un petit Sheila pour la route ? ;-)


âne debout 10/07/2010 18:36

Sheila lutte finale.