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lubies et obsessions d'un âne debout

Mes lubies et mes obsessions, au gré de mes humeurs et de l'air du temps.

La vérité sur un mensonge

Publié le 25 Septembre 2013 par âne debout in reportage, énervage, recadrage

La vérité sur un mensonge

Grande campagne sur les routes du Morbihan en ce moment, des panneaux de ce type un peu partout censés nous inciter à la bonne conduite.

Un panneau nous dit qu'il ne faut pas boire, un autre que le clignotant est important, un autre qu'il ne faut pas téléphoner en conduisant, des trucs comme ça. On s'en doutait un peu mais c'est bien de le redire de temps en temps, histoire de ne pas oublier.

En résumé ils nous demandent de sauver des vies. C'est bien, je trouve, de vouloir sauver des vies. Et pour bien nous faire adhérer à la cause ils nous précisent les causes des accidents mortels.

Reprenons l'affiche là-haut ...

... vous avez vu :

"32% des accidents mortels sont dus à des vitesses excessives"

Il y a aussi des panneaux de ce genre là :

La vérité sur un mensonge
"La vitesse : 1 accident mortel sur 3"

C'est bien tout ça, ça impressionne. Ça mobilise. Ça motive. Ça concerne.

C'est bien, c'est très bien.

Sauf que c'est faux.

D'après le site de La Prévention Routière à propos de la vitesse excessive comme cause d'accident :

"Ce facteur n'est pas comptabilisé dans les statistiques d'accidents"

On trouve pourtant un peu plus loin dans le texte :

"Selon les estimations, le strict respect des limitations de vitesse en 2011 aurait permis de sauver entre 577 et 1281 vies."

J'ai fait des recherches et trouvé qu'en 2011 il y a eu 3963 morts sur nos routes.

Calcul : 577 ça fait environ 1 sur 7 et 1281 ça fait effectivement environ 1 sur 3.

Comment peut-on estimer ça alors qu'il n'y a pas de statistiques concernant la vitesse lors des accidents ?

"Ce facteur n'est pas comptabilisé dans les statistiques d'accidents"

Comment faut-il vous le dire ?

De toute évidence, le Conseil Général du Morbihan estime, lui, que c'est 1281 vies que nous aurions sauvées en 2011 si tout le monde avait strictement respecté les limitations de vitesse. On pourrait raisonnablement se dire que la vérité est entre 577 et 1281.

D'ailleurs La Prévention Routière affirme :

"1 SUR 5

C’est le nombre d’accidents mortels dus à une vitesse excessive."

Et puis ces pourcentages ne veulent rien dire. Imaginez :

Première possibilité :

Imaginez qu'il n'y ait pas de limitations de vitesse, comment pourrait-on dire que x accidents sont dus aux dépassements de vitesse ?

Si l'on augmentait la vitesse autorisée à 150 km/h sur les routes, on aurait nos accidents mortels à 140 et personne ne pourrait dire qu'ils sont dus à une vitesse excessive. Il y aurait davantage d'accidents mortels mais seulement 1 sur 240 environ serait dû à une vitesse excessive.

Deuxième possibilité :

Imaginez que par miracle on parvienne à éliminer tous les accidents dus à d'autres causes que la vitesse excessive, c'est-à-dire 2 accidents sur 3 supprimés. Hop ! Plus d'accidents dus à l'alcool, plus d'accidents dus à l'état de la route ou du véhicule, plus de refus de priorité, plus d'imprudence en dépassant, plus de téléphone au volant, plus d'assoupissement du conducteur, plus rien de tout ça. Juste les accidents dus à une vitesse excessive.

Imaginez David Pujadas au JT :

"Hé bien voilà, les nouvelles statistique viennent de tomber pour les accidents de la route de l'année passée. C'est inadmissible, c'est un vrai fléau, 100% des accidents mortels sont dus à la vitesse excessive"

Nous voilà bien avancés.

Jo Brohan, président de la commission infrastructures, équipement du territoire, environnement et mobilité au Conseil Général du Morbihan

Jo Brohan, président de la commission infrastructures, équipement du territoire, environnement et mobilité au Conseil Général du Morbihan

Alors moi je rêve d'un monde pays département sans victimes de la route mais quand je me rends compte, Jo Brohan, que tu me racontes (je me permets de te tutoyer, comme nous le faisions dans la cour de récréation de notre établissement scolaire et aussi plus tard dans nos relations professionnelles), quand je me rends compte que tu me racontes des carabistouilles je me dis que tu t'y prends mal, très mal.

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